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COMMENT EVITER LES ATTEINTES A LA SANTE PSYCHIQUE AU TRAVAIL ? INTERVIEW AVEC MARILYNE PASQUIER

Le 3 décembre 2015 a eu lieu la journée nationale de réflexion portant sur la prévention des risques psychosociaux. Cette journée, organisée par la Haute École de Gestion de Fribourg et du SECO, a attiré de nombreux professionnels souhaitant améliorer cet aspect dans leur vie professionnelle. Nous avons profité de cet événement pour interviewer Madame Pasquier, co-organisatrice de cet événement et enseignante à la HEG Fribourg, pour connaître sa vision de ce thème souvent peu abordé en entreprise.


pasquier

(Interviewer) Quel a été votre but premier quand vous avez décidé d’organiser un événement sur cette thématique ?

(Marilyne Pasquier) Le thème était les entreprises, le droit et l’état face à la prévention des risques psychosociaux. Pour nous ce qui était important c’était d’avoir ce lien avec les entreprises. Souvent on voit des témoignages au sujet d’un burnout ou d’harcèlement et il y a beaucoup de prévention qui peut se faire mais qui se fait déjà.

Je pense que quand le SECO nous a approché pour voir si la thématique nous intéressait, je pense qu’ils trouvaient intéressant le fait que notre école ait ce lien avec le monde du travail.

Le but de cet événement était de montrer que cette prévention existe au sein des entreprises par le biais d’exemples concrets que l’on a pu entendre durant la présentation des différents intervenants. C’était également important pour nous d’intégrer à la discussion les inspecteurs du travail car ils ont un rôle essentiel dans la prévention de ces risques psychosociaux. Non seulement ils contrôlent les entreprises mais ils peuvent aussi diagnostiquer des problèmes liés aux risques psychosociaux et également donner des conseils au niveau de la gestion de cette problématique.

En résumé, le rôle de cet événement était de faire ressortir les rôles et les responsabilités des différents acteurs de ce domaine.

(Interviewer) Quelles difficultés avez-vous rencontré pour organiser ce type d’événement ?

(Marilyne Pasquier) La plus grande difficulté c’était d’associer différents intervenants et de les convaincre. Quand on parle de risques psychosociaux à certaines personnes ils ne savent même pas ce que c’est. Pour les entreprise le terme risque psychosocial n’est pas clair. Elles ne comprennent pas ce qu’il se cache derrière. Les intervenants se demandent ce qu’ils vont pouvoir dire à ce sujet. C’est pourquoi il a fallu beaucoup convaincre et communiquer autour de ce domaine souvent peu clair.

L’autre problème vient du fait que les entreprises ont souvent la tête dans le guidon et il est clair que dans les faits cette thématique est présente mais la prévention n’est pas leur problématique principale Elles se préoccupent de problèmes plus directs avec leurs activités comme le franc fort par exemple mais pas forcément de risques psychosociaux même s’ils le vivent au quotidien surtout pendant la période avant les où on peut sentir le stress.

Le plus gros challenge a été de convaincre et de réunir les différents acteurs de cette thématique.

(Interviewer) En prenant un peu de recul, auriez-vous changé quelque chose pour cet événement ?

(Marilyne Pasquier) Peut-être le titre de l’événement car il est très accrocheur au niveau de la recherche mais pas forcément dans la pratique. Essayer de convaincre différemment que d’envoyer des lettres et de téléphoner également.

Vu que c’était la première journée de prévention nationale sur cette thématique, il faut plutôt voir vers l’avenir, si les différentes personnes présentes ont été convaincues par cet événement et surtout l’importance de cette thématique.

Je suis assez contente de ce qui en est ressorti et je trouve très bien le fait que l’on ait travaillé en collaboration avec le SECO. Je pense que cette collaboration entre notre école, le SECO et les entreprises était l’une de nos forces dans l’organisation de cet évènement.

(Interviewer) Avez-vous déjà été confronté directement à cette problématique dans votre carrière professionnelle ?

(Marilyne Pasquier) Je pense qu’on le vit tous dès que l’on a des échéances ou que l’on doit travailler ensemble. Il faut donc essayer de trouver la frontière entre vie professionnelle et privée et d’avoir un bon équilibre.

J’ai travaillé au service de l’emploi et dans plusieurs autres entreprises mais c’est vraiment à la HEG que je me suis rendu compte que ce problème touchait vraiment tout le monde. Cela part de la mère de famille qui doit amener ses enfants à un employé qui travaille sous pression. Vraiment tout le monde est touché de près ou de loin par cette problématique.

Au niveau de la thématique elle est utile pour tout le monde, plus précisément dans le entreprises sans que l’on oublie des fois, ce que madame Pache a mis en avant, que l’entreprise a un rôle mais que les collaborateurs ont également un rôle. Celui-ci est souvent oublié. L’exemple entre la France et la Suisse montre bien : en Suisse, il y a quand même cette notion d’entraide entre l’entreprise et ses collaborateurs. L’entreprise doit mettre en place de bonnes conditions mais l’employé doit également travailler sur le problème de santé en entreprise.

Parfois j’ai le sentiment que l’on oublie ce rôle ou qu’on le prend trop individuellement en se disant « c’est moi qui n’arrive pas m’organiser » ou alors c’est un chef qui nous dit qu’on est très mal organisé ou encore l’employé qui dit « ce n’est pas dans mon cahier de charge » quand on doit travailler avec d’autres personnes et que l’on dit cela, ça ne va pas le faire.

(Interviewer) Vous êtes en même temps enseignante mais également directement sur le terrain. Trouvez-vous qu’il y une différence notable entre la théorie enseignée et les notions pratiquées directement sur le terrain?

(Marilyne Pasquier) Je dirai qu’il n’y a pas une différence mais il y en a plusieurs et que cette règle ne s’applique pas seulement à cette thématique précise mais à toutes thématiques. Il est de ce fait bien d’avoir ce contact avec les entreprises pour voir comment les théories s’appliquent dans la pratique. C’est un des enseignements qui a vraiment été mis en lumière lors de l’événement. Il s’agissait de montrer comment la théorie était traduite en actions concrètes. Tout cela a été montré par le biais des témoignages des différents intervenants qui ont démontrés que les actions qui sont aujourd’hui mises en place dans les entreprises sont dans les théories depuis très longtemps.

Pour moi il n’y a pas de différences notables mais il y a un fondement majeur de fonctionnement où l’application est très importante. En effet, on voit si une théorie fonctionne si elle est réellement appliquée dans la pratique.

Je crois qu’actuellement nous sommes au « balbutiement » pour la prévention des risques psychosociaux. L’application en actions concrètes dans les entreprises est ce qui se passe en ce moment.

(Interviewer) En d’autres termes, on commence enfin à comprendre que ce problème est important ?

(Marilyne Pasquier) Les acteurs de ce domaine commencent en effet à se rendre compte de l’importance de ce problème car les gens sont de plus en plus stressés. Il y a de plus en plus d’exemple qui montre que cette problématique prend de l’ampleur :

  • de plus en plus d’arrêt maladie
  • de plus en plus de personnes stressées

Il y a donc un certain coût. Par exemple, dans un burnout il y a des coûts cachés mais pour que les entreprises s’en rendent compte, il faut une accumulation de ces cas pour que la pratique dise que ça vaudrait la peine d’appliquer certaines mesures et de traiter cette problématique.

Il y a des phénomènes de société comme les différents suicides relatés par la presse. En particulier de certains dirigeants ou l’exemple de certains débordements comme le cas du directeur RH d’Air France qui montre qu’il y a un malaise.

Actuellement, il y a ce constat d’un malaise qui est bel et bien ancré et les entreprises en prennent conscience. Elles reconnaissent également qu’il y a des choses à faire. Maintenant, il faudra mettre en application ces théories qui ne sont pas toutes applicables. Il faut donc voir qu’est-ce qui convient ou pas.

A l’heure actuelle au lieu de réfléchir à la création d’autres modèles pour la prévention des risques psychosociaux, il faut plutôt se focaliser à mettre en lumière les mesures concrètes déjà mises en place dans la pratique et de ce fait savoir ce qui marche ou ne marche pas. Par la suite, il faudra convaincre les entreprises que l’utilisation de ces mesures est bénéfique à leur bon fonctionnement.

(Interviewer) Pouvez-vous définir à l’aide de 3 mots votre perception de la santé au travail à l’heure actuelle.

(Marilyne Pasquier) Équilibre , plaisir et collaboration !

Nous remercions bien évidemment Madame Pasquier pour le temps qu’elle nous a consacré.

Marco Gameiro Lopes & Arnaud Pittet

Cet interview vous a plu? Retrouvez les deux autres interviews réalisés dans le cadre de cet événement à ces adresses: Jean Parrat (14.03.2016) ; Paul Santschi (15.03.2016)

Travail réalisé dans le cadre du cours de Social Media

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COMMENT EVITER LES ATTEINTES A LA SANTE PSYCHIQUE AU TRAVAIL ? INTERVIEW AVEC PAUL SANTSCHI

Le 3 décembre 2015 a eu lieu la journée nationale de réflexion portant sur la prévention des risques psychosociaux. Cette journée, organisée par la Haute École de Gestion de Fribourg et du SECO, a attiré de nombreux professionnels souhaitant améliorer cet aspect dans leur vie professionnelle. Nous avons profité de cet événement pour interviewer Monsieur Santschi, enseignant à la HEG Fribourg et Chef compliance et droit du travail pour Micarna, pour connaître sa vision de ce thème souvent peu abordé en entreprise.

santschi

(Interviewer) Vous qui êtes à la fois enseignant et directement sur le marché du travail, pensez-vous qu’il y a une différence notable entre la théorie enseignée et les notions pratiquées directement sur le terrain?

(Paul Santschi) Je vois beaucoup de solutions qui tiennent la route au niveau de la théorie qui sont applicables et même parfois pragmatiques. Pour moi le problème c’est que l’on a plein d’outils mais il faut savoir les utiliser d’une part et ça commence surtout par vraiment les utiliser ! On a beaucoup de solutions qui sont données mais c’est au niveau de l’application de ces solutions que je vois un réel problème.

(Interviewer) Comment avez-vous perçu l’évolution de ce domaine pendant votre carrière ?

(Paul Santschi) J’ai commencé dans l’entreprise Micarna il y a 34 ans. J’ai commencé en 1982 et les maladies étaient traitées de manière aléatoire. On allait même jusqu’à créer un centre de charges pour les cas de longues durée. Un centre de charges ça veut dire quoi ? J’ai en tant que chef un employé malade qui impute mon centre de charge et on offrait à l’époque la possibilité de le mettre dans ce centre de charge qui était rallié aux Ressources Humaines. Par conséquent, c’était les RH qui portaient les coûts pour toutes les personnes malades. Il y a eu une évolution dans la pensée dans le sens qu’un collaborateur malade reste le collaborateur du chef et aussi au niveau des coûts et surtout pour l’inciter à aller le rendre visite, à lui montrer aussi de la confiance, de la reconnaissance. C’est tout un changement de culture que je vis depuis 2001 quand on a mis en place ce système de gestions de santé en entreprise (GSE).

(Interviewer) C’est-à-dire les 4 paliers ?

(Paul Santschi) Oui en effet le système des 4 paliers. C’est là que j’ai constaté aussi que ça touche à la culture et que d’attendre des résultats rapides dans ce domaine se serait avoir des fausses attentes. Investir, oui. II le faut mais calculer un return on investment déjà l’année suivante n’est pas réaliste. C’est faisable à long terme. C’est un processus d’amélioration continu. On doit fignoler et tenir compte de cette nouvelle génération qui vient : la génération « Y ». Celle-ci qui lorsque je donne un ordre, ces jeunes employés se demandent pourquoi ? J’étais choqué sur le moment mais je me suis dit qu’ils avaient raison. Ils veulent connaître le sens de leur travail. Ça aussi c’est une évolution que j’ai constaté dans le courant de ces trente dernières années.

(Interviewer) Pour vous la santé au travail c’est en quelque sorte une philosophie mais arriveriez-vous à définir à l’aide de 3 mots votre perception de ce domaine à l’heure actuelle ?

(Paul Santschi) On aura atteint notre vision si les gens n’ont plus peur de dire qu’ils atteignent leurs limites au niveau de l’individu.

Au niveau de l’organisation c’est de créer une culture où on enlève la peur des gens d’aller dire au chef qu’il n’en peut plus.

Le troisième point est, et vu la fonction que j’avais au niveau des RH, et selon une émission de « Temps Présent », l’image des RH dans la société a de plus en plus une fonction d’économiste. Il en va de la pérennité de l’entreprise mais malgré ça si plus personne n’écoute les employés se serait aux RH de faire les efforts nécessaires pour qu’on écoute le personnel.

(Interviewer) Vous avez une forte expérience en matière de santé au travail. C’est pourquoi avez-une une mesure concrète pour réduire le stress ou encore le sentiment de solitude ?

(Paul Santschi) Une seule méthode : non. Pour moi il s’agit d’un amalgame de méthodes. L’une d’entre elles c’est la gestion des cas des maladies dont celles psychiques avec les systèmes d’entretiens par paliers. C’est un élément important. L’autre élément c’est d’instaurer une culture d’entreprise qui favorise justement d’être à l’écoute des gens et favoriser aussi cette sensibilité du management de détecter de manière précoce les signaux qui sont émis. C’est également de la responsabilité des collaborateurs en soi quand l’un de leur collègue revient après sept mois d’un burnout de ne pas poser la question « est-ce que tu as eu de belles vacances ? ». Tout cela c’est un vraiment un amalgame où on utilise des outils qui existent qui sont donnés par la théorie pour revenir à votre première question. Mais également apprendre à vivre avec ce phénomène et en faire le mieux que possible.

(Interviewer) Et en tant que professionnel de la branche, également enseignant en relation directe avec les futurs experts de ce domaine, quels conseils donneriez-vous aux futurs employés pour mieux appréhender ces soucis?

(Paul Santschi) C’est une question que je me suis posé en réalisant mes cours. Il faut anticiper la problématique. J’intègre cet aspect dans mes cours. Par exemple, je donne un module sur la gestion de la santé en entreprise où on aborde en profondeur ces sujets. Quand je prépare la carrière individuelle des étudiants dans mes cours, je leur dis toujours : faites attention à votre santé. Vous avez peut-être tout dans la tête mais si vous n’avez pas la santé cela ne fonctionnera pas bien. Pour moi c’est important mais surtout un devoir de la Haute École de Gestion de non seulement fignoler les compétences professionnelles et intellectuelles mais aussi les compétences personnelles. Il faut prendre soin de sa personne.

Nous remercions bien évidemment Monsieur Santschi pour le temps qu’il nous a consacré.

Marco Gameiro Lopes & Arnaud Pittet

Cet interview vous a plu? Retrouvez les deux autres interviews réalisés dans le cadre de cet événement à ces adresses: Jean Parrat (14.03.2016) ; Marilyne Pasquier (16.03.2016)

Travail réalisé dans le cadre du cours de Social Media

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COMMENT EVITER LES ATTEINTES A LA SANTE PSYCHIQUE AU TRAVAIL ? INTERVIEW AVEC JEAN PARRAT

Le 3 décembre 2015 a eu lieu la journée nationale de réflexion portant sur la prévention des risques psychosociaux. Cette journée, organisée par la Haute École de Gestion de Fribourg et du SECO, a attiré de nombreux professionnels souhaitant améliorer cet aspect dans leur vie professionnelle. Nous avons profité de cet événement pour interviewer Monsieur Parrat, inspecteur du travail dans le canton du Jura, pour connaître sa vision de ce thème souvent peu abordé en entreprise.

parrat

(Interviewer) Trouvez-vous qu’il y a une différence notable entre la théorie enseignée et les notions pratiquées directement sur le terrain?

(Jean Parrat) Oui, il y a une différence fondamentale. Dans la théorie on nous explique tout ce qu’il faudrait faire, ce qu’il faudrait mettre en place. On nous explique la législation, les directives. On nous donne des outils, on apprend à évaluer les dangers, à évaluer les risques, à implémenter les mesures de prévention et ensuite à mesurer notre efficacité.

Dans les entreprises cela ne se passe pas comme ça. Prenons l’exemple des entreprises du domaine de la chimie où la gestion du risque fonctionne très bien car on sait gérer ce risque. Alors que dans l’industrie métallurgique au niveau par exemple du graissage de pièces, c’est juste le contraire alors que c’est un risque identique qui est mal géré.

Mon exemple parle de risque chimique mais les risques psychosociaux s’en rapprochent. Monsieur Sigrist nous a dit ce matin des choses cohérentes et intelligentes mais c’est un chercheur et sur le terrain nous sommes malheureusement très loin de cette réalité.

(Interviewer) Est-ce que ces mesures sont difficiles à mettre en place ?

(Jean Parrat) Non ce n’est pas difficile, simplement dans les écoles de management comme les HEG on enseigne certaines matières qui ne parlent pas nécessairement du problème de gestion de la santé et on n’insiste pas non plus sur l’aspect économique de ce problème.

De ce fait, on rencontre des personnes qui sont drillées à un des systèmes de management d’une usine de production X, par exemple, mais quand on leur parle de risques psychosociaux ils ne savent pas de quoi on parle

(Interviewer) Comment avez-vous ressenti l’évolution dans ce domaine, par exemple, le fait que les entreprises mettent plus en avant le thème de la santé au travail ?

(Jean Parrat) Les entreprises ne mettent pas plus en avant la santé au travail et la gestion du stress. Ce sont plus les spécialistes comme le SECO, les instituts de santé au travail et les professionnels de cette branche qui font un travail de vulgarisation de ce sujet.

En matière de santé au travail on est le parent pauvre. D’une part il n’y a pas d’argent alors que dans le domaine sécurité au travail il y a 120 millions de francs et d’autre part moins l’on montre que l’on a des problèmes de ce type moins l’on arrivera à démontrer que ces problème sont causés par le travail.

Par exemple, un burnout n’est pas reconnu comme maladie professionnelle en Suisse car il n’entre pas dans la définition de maladie professionnelle. Donc si l’on arrive à rien faire pour ce problème, c’est le système de santé suisse qui paie pour les personnes souffrant de ce genre de maladie. En d’autres termes c’est nous qui payons. On sera efficace le jour où le marché payera vraiment ce qu’il coûte en matière de santé au travail. Il y a 15 ans nous avons fait une étude avec des collègues genevois et ce coût s’élevait de 6 à 12 milliards de francs, donc aujourd’hui ça peut grimper jusqu’à 15 milliards.

Connaissez-vous le coût de la santé en suisse ? Vous payez chaque mois une prime d’assurance maladie mais vous ne connaissez pas le coût total de ce domaine et c’est intéressant. Ce domaine coûte 85 milliards environ. Les mauvaises conditions de travail coûtent entre 8 et 15 milliards et c’est le système de santé qui paie. Donc le jour où l’on fera payer les entreprises on aura quelque chose d’efficace

(Interviewer) Pouvez-vous définir à l’aide de 3 mots votre perception de la santé au travail à l’heure actuelle ?

(Jean Parrat) Parent pauvre au niveau de la promotion

Ignorance

Inaction

(Interviewer) C’est-à-dire que c’est un problème qu’il faudra mettre en avant dans les années à venir ?

(Jean Parrat) C’est-à-dire que les spécialistes de la santé essaient de le mettre en avant et de vulgariser ce thème mais cela n’intéresse pas grand monde malheureusement.

(Interviewer) Quelle est la manière la plus adéquate pour gérer ce genre de problème (surcharge de travail, sentiment de solitude, possibilité de burnout, etc)?

(Jean Parrat) On sait très bien comment les gérer mais on ne peut pas dire au entreprises vous avez des risques psychosociaux il faut les gérer. Je ne peux pas dire cela à un petit polisseur jurassien qui polit des boitiers de montres. Il a beaucoup d’autres préoccupations comme le franc fort. On peut par contre lui donner une liste d’une quarantaine de questions comme par exemple :

Est-ce que vous avez des collaborateurs qui travaillent trop ?

Avez-vous des collaborateurs dont le rythme de travail est rythmé par une machine ?

Avez-vous des colorateurs qui sont sous ou surévalués ?

Certaines de ces questions vont retenir son attention et c’est là qu’on peut lui demander « que faite vous pour éviter les facteurs de risque psychosocial ? »

Il ne faut pas attendre que les gens tombent de l’échafaudage pour mettre une barrière à ce dernier. En matière de risque psychosociaux c’est la même chose. Et c’est après avoir répondu à ces questions et avoir identifié les facteurs de risques psychosociaux qu’on peut lui demander de mettre en place des mesures de prévention.

Il est donc plus cohérant d’identifier ces facteurs de risques psychosociaux et d’ensuite les prévenir par des mesures de prévention. Pour un employeur, si on va lui dire qu’un de ces employés ne dort plus à cause du travail il ne va pas comprendre. Alors que si l’on dit à un ingénieur qu’une machine n’est pas assez sécurisée et qu’il y a un risque de se couper le doigt, il va comprendre et sécuriser la machine. Il a l’image directe du problème (le doigt par terre, le sang, etc.). Est-ce que les gens travaillent trop ? Pour un patron, ils ne travaillent jamais trop, il faut travailler encore plus.

(Interviewer) En tant que professionnel de la branche, quel conseil donneriez-vous aux futurs employés pour mieux appréhender les soucis relatifs à la santé au travail ?

(Jean Parrat) Toujours se demander si les conditions de travail que l’on impose à ses collaborateurs on les imposerait à notre fille. Si vous vous dites non c’est que ce n’est pas bon, si vous vous dites oui alors ce sont de bonnes conditions de travail.

Nous remercions bien évidemment Monsieur Parrat pour le temps qu’il nous a consacré.

Marco Gameiro Lopes & Arnaud Pittet

Cet interview vous a plu? Retrouvez les deux autres interviews réalisés dans le cadre de cet événement à ces adresses: Paul Santschi (15.03.2016) ; Marilyne Pasquier (16.03.2016)

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Communiqué de presse de l’événement 

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The Secrets Behind Luxury Business by MSO

Luxury business 070

The Management Student Opportunities (MSO) event „The Secrets Behind Luxury Business“ was a full success: around fifty participants attended the conference and listened to representatives from the bank Pictet & Cie and Nespresso. After the speeches the audience received a bank magazine and coffee capsules and had the opportunity to personally meet the speakers during a networking aperitif. The MSO members are very pleased with the result and are looking forward to see you at their next event.

Les Boutiques Angéloz – Fribourg

The local fashion boutique Angéloz was another famous company that came to the School of Management last week and presented how their business model worked.

This very interesting speech gave the students an overview of the success story of Les Boutiques Angéloz. The importance of building a local brand becomes more and more important and the managers of the Boutique explained the process step by step.

Thank you very much for participating and we hope to see you all again soon.

 

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